La chronique multimédia
Mardi 12 décembre 2000
Roberto DENIS

Bonjour,

La mise en place de réseaux UMTS, les GSM de dernière génération, pourrait coûter plus du double de ce qui a été jusqu'ici envisagé par les compagnies de télécommunications.

Voilà ce que l'on trouvait dans une étude d'un cabinet d'experts citée par le quotidien économique Financial Times Deutschland.

Les coûts pour les réseaux UMTS pourraient s'élever jusqu'à 340 milliards d'euros à l'échelle européenne alors que les opérateurs de télécommunications ont jusqu'ici évoqué un montant global de quelque 150 milliards d'euros, c'est-à-dire, moins de la moitié.

Dans l'étude publié par le Financial Times il est dit que de nombreuses entreprises sous-évaluent nettement les coûts pour l'infrastructure nécessaire au déploiement de réseaux de téléphonie mobile multimédia.

Ainsi, par exemple, les opérateurs auraient besoin, pour une exploitation à plein régime des réseaux UMTS, de deux fois plus d'antennes relais que prévu. On imagine déjà le débat en Belgique.

Et puis pour confirmer tout cela, le journal électronique Internet Actu rappelle que les pays qui ont opté pour les enchères comme mode d'attribution des licences UMTS commencent à s'en mordre les doigts. Depuis l'échec italien, toutes les procédures se sont soldées par de cuisants échecs.

En Pologne, le gouvernement avait décidé d'attribuer cinq licences qui, selon ses calculs, devaient lui rapporter quelques 130 milliards de francs.

Malheureusement, samedi soir, lors de la clôture des candidatures, seuls trois candidats s'étaient déclarés et parmi eux ne figuraient aucun étranger.

En Suisse, le gouvernement avait décidé de réorganiser des enchères après l'échec d'une première tentative. En trois heures et quasiment sans surenchérir, les quatre opérateurs sur les rangs ont récupéré chacun une des... quatre licences.

En Belgique on devrait connaître les candidats à une licence UMTS en janvier prochain mais rien ne dit que cela ira mieux qu'ailleurs.

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, c'est le Times de Londres qui le raconte, voilà qu'un chercheur finlandais découvre une solution technique qui pourrait permettre aux opérateurs de télécommunications de commercialiser des services de téléphonie mobile de troisième génération, l'UMTS, en se passant des coûteuses licences.

La solution, c'est un logiciel mis au point par un professeur de l'université d'Helsinki et qui a déjà été adopté par un fournisseur à Internet finlandais.

Et ça a l'air sérieux car à Londres, Vodafone et CellNet, deux des principaux opérateurs britanniques comptent lancer un service UMTS selon ce nouveau principe, un peu tard toutefois pour récupérer les 5 milliards de livres engloutis dans la vente aux enchères des licences UMTS.

Toujours selon le Times, le logiciel utilise des fréquence radio très haute, qu'aucun état européen n'a songé à mettre aux enchères.

Apparemment l'Union européenne aurait donné l'assurance au responsable du logiciel que l'exploitation de ces fréquences resterait gratuite, ce qui serait tout bénéfice pour l'utilisateur. Alors, pourquoi s'en priver?

Bonne journée.

Les liens

http://www.quotient.co.uk/

http://www.thetimes.co.uk/article/0,,49328,00.html


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